 
Présentation
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Battements de corps
« Dans le parcours d’Alain J. Richard, exceptées quelques traversées apaisantes au pays du Beau, la frontalité expressionniste trace une route au scalpel, chirurgie plastique du peintre qui taille dans le vif des sujets. Il a peint en série des êtres cloîtrés au pied des murs, des gueules de mendiants sans ménagement, sans arrangement, et puis ces écorchés, ces danseurs-marcheurs, ces christs païens que des harnais maintiennent provisoirement en mouvement, en vie : Qui conduit la machine à broyer ? Comment purger les angoisses ?
La confrontation est brutale, à hauteur d'homme, nos yeux dans ces yeux qui ne sont plus mais qui nous interpellent sur notre capacité à recevoir, à percevoir. Pas d'échappatoire, les corps nous assiègent. Au ventre un trou nous happe, les viscères ont disparu. Béant. «Les tripes, ça ne m'intéresse pas » dit Alain. Derrière, c'est l'ailleurs qui ouvre un ciel en nous, ciel d'ombres brûlées aux essences d'Amsterdam. Et puis les mains, ces mains arthritiques, présentes, dont on ne se défait pas. Sont-elles là pour mieux nous saisir ? Nous saisir d'effroi ? Nous emmener au ciel ? Qui s’ouvre ici bas.
Bouches aux cris muets, sexes mous des hommes, absence voulue des femmes…, les os sont fracture, chorégraphie brisée, danse macabre des corps glabres. Un bleu très léger, subtil, presque évanescent sourd des tableaux. Quel bleu ? « Un bleu » glisse Alain laconique. L’atelier du peintre est semé de tous ses secrets cachés dans la part sombre qu’il ne peut dire. Aurait-il donc inventé le bleu de l'âme ? »
Eric Bonneau.
le site internet d'Alain J Richard
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